Dessine-moi… une oeuvre

Un conte universellement connu, universellement lu, universellement aimé et, pourtant, pas encore sur ce blog. Je m’empresse de lui rendre hommage, au petit bonhomme à l’écharpe d’or, aux cheveux de blé et au regard candide et neuf.

Dans ce livre, le mélange de fantaisie, de satire, de philosophie, de poésie, de science, d’imagination et de naiveté enfantine peut aussi bien atteindre les coeurs et les esprits des « grandes personnes » que ceux des « enfants », à travers seulement quatre-vingt-douze courtes pages.

Cette aventure mystique commence quand Saint-Exupéry fait un atterrissage forcé dans le Désert du Sahara. Apparaît alors un jeune visiteur blond qui demande à l’aviateur de lui dessiner un mouton. Voyageur en provenance d’un petit astéroide, le petit prince décrit son voyage vers la Terre et ses expériences vécues dessus. L’histoire prend fin avec le départ du petit prince de la Terre, un an après son arrivée. Les critiques sont d’accord pour dire que Le Petit Prince est écrit comme un livre pour enfants mais peut être analysé à de nombreux différents niveaux. St-Exupéry explique l’importance de voir au-delà des choses en commençant son livre avec l’histoire sur les dessins de boas ouverts et de boas fermés. Plus tard, il relate l’histoire de l’astronome Turc qui découvre la maison du petit prince, l’Astéroide B-612. Quand il présente sa découverte au Congrès International d’Astronomie, personne ne le croît. L’Homme n’a pas appris à voir au-delà de la superficialité des choses, ou alors il a oublié. Parce que les adultes ne regardent pas à l’intérieur des choses, ils ne connaîtront jamais les autres ou eux-mêmes.

 

Suite à la leçon du renard nous disant qu’on ne peut voir ce qui est important uniquement en regardant avec son coeur, St-Exupéry quitte le désert transformé. Il est d’accord avec la réflexion du petit prince : « les étoiles sont belles à cause d’une fleur que l’on ne voit pas ».

St-Exupéry, l’auteur, nous apprend aussi comment aimer – la seule façon de dépasser le blocage existentiel entre les hommes. « L’amour n’est pas un problème de choix, c’est une question de conséquence ; en fait, c’est une façon de survivre. Les hommes doivent apprendre à s’aimer les uns les autres ou périr ». L’amour est ce qui donne à la vie sa raison d’être. L’amour du petit prince pour sa rose est tellement important pour lui que l’aviateur ému commente : « Ce qui m’émeut si fort de ce petit prince endormi, c’est sa fidélité pour une fleur, c’est l’image d’une rose qui rayonne en lui comme la flamme d’une lampe, même quand il dort… ». Son amour donne à sa vie un sens et une direction.

 

Saint-Exupéry méprise aussi l’obsession de l’homme pour la richesse et la puissance, ceci à travers le Roi et le Businessman. Le roi accorde une grande importance au fait d’être obéi quand les ordres sont tels qu’ils ne pouvaient qu’être réalisés. Le businessman juge important, lui, de posséder toutes les étoiles, un collectionneur trop occupé à les compter pour tirer un quelconque plaisir de leur beauté. Le petit prince essaie de faire valoir son point de vue, en expliquant que les étoiles ne peuvent être possédées, il ne leur apporte rien. Le petit prince dit alors qu’il possède une fleur et trois volcans. Le fait qu’il les possède et qu’il en prenne soin leur fait du bien. Le businessman n’aide pas les                                                        étoiles.

Le langage, simple et dépouillé, parce qu’il est destiné à être compris par des enfants, est en réalité pour le narrateur le véhicule privilégié d’une conception symbolique de la vie. Les aquarelles font partie du texte et participent à cette pureté du langage : dépouillement et profondeur sont les qualités maîtresses de l’œuvre. On peut y lire une invitation de l’auteur à retrouver l’enfant en soi, car « toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. Mais peu d’entre elles s’en souviennent».

Rencontre entre un enfant et un homme à qui l’on a brisé les rêves alors qu’il était tout petit. Homme qui va redécouvrir la vraie valeur des choses, les priorités de vie, la puissance de l’imagination.
Un récit qui ne demande qu’ à être simplement compris, senti et vécu avec un regard débarrassé de toute superficialité, de tout matérialisme. C’est un souffle de fraîcheur, immuable, où toute chose simple recèle son poids de vérité. Où l’important est vraiment l’important.
Lire et relire le Petit Prince, c’est se dire qu’un jour on a été comme lui, et ça fait vraiment du bien.

 

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2 réponses à Dessine-moi… une oeuvre

  1. Nathan dit :

    Surtout la superbe nouvelle édition de Gallimard Jeunesse avec la préface de Timothée de Fombelle … ♥

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