Songe à la douceur

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« Putanasse ! Je n’ai jamais lu un truc pareil ! », ce sont les mots qui sont sortis de ma bouche quand j’ai refermé le livre. Alors, putanasse chez moi est un mix entre putain et ça tabasse. Genre quand je parle d’un truc nouveau, qui me plaît grave, qui tourneboule mes yeux ou mes oreilles, qui peut parfois me rendre hystérique de joie et d’enthousiasme. Bref quand je rencontre un trésor. Bon, un « truc », c’est pas vraiment ça que j’aurai dū dire faut être honnête. Mais j’ai perdu le mot vrai, aveuglée par mon estomacage. En réalité, je venais de refermer un OLBI. Objet Littéraire Bien Identifié.

Bien identifié depuis fin aoūt (sauf si tu vis dans une grotte, que tu ne procrastines pas sur les réseaux sociaux, que tu ne sais pas ce qu’est une librairie, ou que tu n’as pas d’ami qui lit, auquel cas ce post est pour toi). Bref il était sur ma pile à lire prioritaire (j’en ai plusieurs des piles), j’attendais le bon moment (en gros c’était samedi avec du temps, un rhume carabiné et un temps de merde dehors). Et ce fut un moment de grâce ininterrompu (merci chéri de faire du sport quand je lis).

Mais quelle audace !! Adapter en vers libres le roman Eugène Onéguine de Pouchkine, rien de moins ! Déjà à Montreuil l’an dernier, quand l’éditeur m’en avait parlé, je m’étais dit dedans ma tête « ah ouais quand même ! ». Autant dire que je l’attendais vraiment.

Mais j’avais aussi la trouille parce qu’avec la blogosphère qui s’excite depuis sa sortie, les critiques en vers, la liste infinie d’adjectifs qualificatifs, ben ça place l’attente hyper haut. Haute comme la barre du saut en hauteur et que jusqu’à la dernière seconde tu te demandes si tu y vas en ciseaux ou en fosbury. En gros j’ai foncé tête baissée en mode happée par le rythme, l’histoire et surtout cette mise en page INCROYABLE. Un exercice de style ultra maitrisé mais qui ne sent pas l’effort et ça c’est assez bluffant et magique et qui ferait pâlir/rager/ressusciter Raymond Queneau. Ouais, carrément. Un travail d’orfèvre, de la dentelle, un bijou. La poésie qui t’explose dessus.

Je ne vais pas te parler de l’histoire. Elle est universelle et intemporelle. Belle comme toutes les histoires d’amour.

En revanche, je vais avouer que maintenant j’ai un vrai problème existentiel : oū ranger cette beauté dans ma bibliothèque ? Parce qu’elle a toute sa place sur l’étagère romans ados, éditions Sarbacane, entre la pouilleuse et comme des images. Mais aussi au rayon Poésie entre tous mes exemplaires collectors des Fleurs du Mal de Baudelaire (mon amour). Ou encore au rayon des livres-objets précieux à coté de mon grand traumatisme universitaire, j’ai nommé Le Quadrilogue Invectif d’Alain Chartier, découpé à la mano dans un papier proche du papyrus. Bref je suis perdue.
Ou alors, ce qui pourrait m’aider, c’est que l’éditeur prévoit une 3ème réimpression d’ici Noël, genre édition collector sur un papier sublime avec couverture cartonnée brillante ( celle que tu ne prêtes qu’aux gens qui portent des gants tu vois ?). Honnêtement, ce serait lui rendre hommage à ce roman, non ?

Donc très humblement, bravo Clémentine Beauvais, bravo Tibo Bérard et Exprim’ Sarbacane pour ce chef d’oeuvre.

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