Dans la tête…

… des auteurs et illustrateurs de littérature jeunesse, et par extension de leurs personnages, il s’en passe des choses ! De l’imagination, de la créativité, de la drôlerie, des idées surprenantes, le tout sans cesse renouvelé ! Petit inventaire d’albums qui secouent les neurones !

                                                          albert                        Dans la tête d’Albert, ça déménage, ça part dans tous les sens, ça ne s’arrête pas ! Sous une inertie trompeuse, Albert rêve, revit, réfléchit, se repose, classe et trie, mémorise, imagine sans cesse. Le cerveau humain est une énigme qui intrigue fortement le chien d’Albert, le narrateur.

En voilà un ovni littéraire incroyable et sacrément réussi ! Un parti pris narratif original : celui du chien qui observe sur la page de gauche, et les réflexions internes d’Albert sur celle de droite. Chaque narrateur utilise le « je » invitant le lecteur à penser le visible et l’invisible. Annie Agopian, l’auteure, place les pensées d’Albert entre « ses deux oreilles », et les sentiments s’expriment en rouge. Quant aux illustrations de Carole Chaix, elles sont foisonnantes, imbriquées au texte, intenses, quasi théâtrales ! Un album intelligent qui donne envie de prendre son temps, d’observer, de se questionner. A lire et relire avec plaisir. Et pourquoi pas à proposer à des plus grands. ***coup de coeur***. Chez Thierry Magnier, 2015. L’avis de Pépita

Le Monde imaginaire de Martin couverture-Martinde Corinne Boutry, illustré par Loren Bes, Mazurka, 2013.

 Martin est un tendre, un rêveur et a pour passion le dessin. Alors quand la réalité le blesse, il se crée un monde imaginaire : il y met ce qui le rassure, ses aspirations, son audace et ses folies. C’est son royaume secret. Il lui suffit de dessiner une porte pour franchir la limite réalité/fiction.

Je découvre cette jeune maison d’édition jeunesse avec cet album tout doux. Hymne à la créativité et à l’imaginaire illustré par les pinceaux-aquarelles de Loren Bes. Le propos me rappelle le monde d’Alice de Lewis Carroll ou la nécessité de s’échapper et de se créer son autre réalité. Un petit escargot se promène de page en page, libre à chaque lecteur de se l’approprier pendant son voyage.

histoireDonne-moi une histoire, voilà l’injonction d’une petite fille à son papa créatif ! C’est Jean-Luc Englebert, auteur et illustrateur, chez Pastel, qui s’y colle et c’est réussi ! Alors quand demoiselle se met à rêver, elle met à contribution son papa. Après quelques propositions refusées, la voici en chevalière, à la tête d’une armée prête à faire la guerre. Oh et puis non, la guerre c’est trop nul ! Bon et qu’est-ce qu’on fait maintenant, papa ?

Quand la complicité père-fille s’illustre tendrement dans un dialogue créatif, c’est un vrai plaisir ! Un papa qui crée et réajuste l’intrigue et les dessins au gré de la fantaisie de sa fille. Un album à lire à l’heure du coucher pour s’endormir avec le sourire.

Chez les fourmis rouges, c’est sur la Troisième branche à gauche téléchargementque ça se passe ! Alexandra Pichard nous invite à suivre les pérégrinations d’une petite fille partie à la recherche de son chat grimpé dans un arbre. Oubliez ce que vous pensiez connaître des arbres, celui-ci est unique en son genre ! Vous y croiserez notamment : une chaussette esseulée, des patineurs artistiques, un homme en pyjama, un gardien de zoo au bout du rouleau, un arrêt de bus, les Beatles, ou encore des marathoniens ! Rien que ça ! Je n’en dis pas davantage et vous laisse vous ébahir devant tant d’imagination et de fantaisie !

Dans cet album, on joue, on cherche, on farfouille dans un labyrinthe pastel où chaque détail a son importance. Preuve s’il en fallait que l’arbre est un monde à part entière ( dédicace à mes copinautes). Cette petite à la bouille ronde (je suis fan oui) apprend la patience et la persévérance et l’entraide. A la fin de cette quête initiatique riche de rencontres improbables, à la cime de l’arbre avec son chat, aurait-elle grandi ? Un album comme je les aime ! Le graphisme, le papier, le grand format, les couleurs, l’originalité, la fantaisie, la drôlerie : ***coup de coeur***. A découvrir de toute urgence et s’y perdre des heures durant. 

 devoirs[Attention, éloignez les parents et les professeurs]. Qui n’a jamais été en panne d’excuse de devoirs pas faits ? Pas de panique pour la prochaine fois, et dites merci à Davide Cali et Benjamin Chaud, et aux éditions Hélium ! C’est servi sur un plateau dans un petit album, superbement illustré pour peaufiner les détails si on vous questionne, et c’est rigolade assurée de surcroît !

Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… des elfes ont caché mes crayons, nous avons été attaqués par des Vikings, un cinéaste a utilisé ma chambre pour son prochain film… Imagination débridée, fous rires assurés ! Et si jamais, vous cherchez aussi des excuses quand vous êtes en retard à l’école/collège/lycée/travail, vous pouvez aussi rigoler en trouver dans Je suis en retard à l’école parce que… (même duo auteur/illustrateur, même éditeur, même marrade!). L’avis de Chlop.

Bonus : Comme je suis complètement POUR que les adultes lisent des albums jeunesse, en voilà un bien cynique, bien drôle, bien illustré : Enfantillages de Gérard Dubois, enfantillagesau Rouergue. Petit format (pour rire dans le métro ou à la pause-déj), un mot doux-amer sur la page de gauche, une illustration à droite. Des thèmes savamment choisis : amabilités, quelques jeux, quelques distractions, moments perdus, parades, cache-cache, les amis, tendresse.

L’image d’Epinal n’est pas loin. Les codes de l’enfance revisités, beaucoup de tendre cruauté, intemporalité, décalage et second degré : une petite merveille à s’offrir/offrir pour ne pas oublier l’enfant qu’on a été ! Moralisateurs, étriqués et rabat-joie s’abstenir !

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