Et maintenant ?

Il arrive parfois qu’un accident vienne tout chambouler dans la vie. Le quotidien, les gens, les familles, l’organisation, l’équilibre, tout. Aujourd’hui, je vous présente 2 romans et un album qui traitent de l’après.

Kmille fait son blog de Cécile Le floch, Rageot, 2009.

Un accident de voiture et la vie de cette jeune fille de 13 ans bascule. Sur fond de divorce annoncé, tout s’enchaîne : retour à la maison, paralysie et fauteuil roulant, retour au collège. Camille décide d’ouvrir un blog, journal intime virtuel où elle dépose ses humeurs, ses émotions, ses questionnements. Et sa colère : colère-injustice, colère-incompréhension, colère-jugements des autres, colère-inadaptation pratique. Soutenue par une meilleure amie pour qui rien n’a changé, la carapace se fend petit à petit face à deux garçons attentionnés et bienveillants. Mieux : le blog trouve un lectorat à l’écoute et disponible et aux multiples visages.

Roman sympathique, abordable et agréable. Le sujet du handicap est traité avec un certain recul servi par l’humour caustique de la narratrice. Le blog est un prétexte pour aborder la notion de vie privée et vie publique. Pas de pathos à outrance, ni de mièvrerie, des personnages attachants. La fin aurait pu être un peu plus nuancée toutefois : « la happy end » n’est pas le seul moyen de prouver une existence heureuse malgré le handicap me semble-t-il. A lire dès 10 ans.

Autre roman chez Rageot également : Courir avec des ailes de géant d’Hélène Montardre, 2014.

Glenn a 8 ans et découvre les plaisirs de la course avec son père et son petit frère au bord de l’océan, en Australie. Mais quand le père meurt dans un accident d’avion, la Terre s’arrête de tourner pour cet enfant. Avec leur mère française, ils débarquent à Toulouse chez leurs grands-parents. Glenn ne parle plus français, son coeur est resté dans les pas de géant de son père à Sydney. L’entrée au collège est une montagne à gravir, sa mère est devenue ultra-protectrice. Alors, en secret, Glenn explore en courant les alentours de la maison. Il n’y a que dans ces moments-là qu’il se sent vivant.

Roman prenant qui décrit en murmurant la tristesse d’un enfant blessé, que seule sa passion va sauver. Epaulé par un grand-père bienveillant, le cordon maternel va se défaire doucement pour le laisser prendre son envol. Les bienfaits du sport autant physiques que mentaux sont très justement décrits. La fin est très touchante et crédible. Quand on aime, on ne compte pas les kilomètres ! Roman simple et fort qui donne sacrément envie de courir ! A lire dès 10 ans aussi.

La maison sans escalier de Juliette Parachini-Deny, illustré par Thierry Manes, des ronds dans l’O, 2014.

Une maison aux volets bleus, une famille de 3 personnes : c’est ici que commence la nouvelle vie de cette fillette en chaise roulante. Elle va explorer cette maison sans escalier. Dans le jardin une balançoire oubliée, dans le grenier un cheval à bascule esseulé. Possiblement deux nouveaux complices trouvés. Des doutes, des peurs, des larmes à la veille de la rentrée. Pourtant la vie ne s’est pas arrêtée…

Attention beauté ! Les illustrations sublimes et délicates, tendres et douces servent à merveille les mots humbles et poétiques, ronds et réconfortants. On suit, à pas feutrés pour ne pas la déranger, cette fillette fragile et sensible dans les premiers jours du reste de sa vie. Les regards sont expressifs et vrais, les mots prononcés bienveillants et sincères. Les métaphores filées sont subtiles et pleine de pudeur. *** coup de coeur *** pour cet album délicat, audacieux et beau tout simplement.

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4 réponses à Et maintenant ?

  1. Ping : Va y avoir du sport ! |

  2. Novelenn dit :

    J’aime l’illustration de couv’ de « La maison sans escalier » ! Noté !

  3. Ping : Coups de cœur de Mai |

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