Comme des images

Je l’attendais. Vraiment beaucoup. Il a paru le mois dernier, acheté le matin même, lu dans la journée. Il s’agit du dernier roman de Clémentine Beauvais, Comme des Images, chez Sarbacane, collection X’prim. Deux valeurs sûres. La lecture de son précédent roman, La Pouilleuse, chez le même éditeur, m’avait bouleversée. Nous en avions fait une lecture commune à l’ombre du grand arbre.


Il était une fois, ça commence comme un conte…un conte désenchanté. Des ados, un lycée prestigieux, une course à la réussite, des adultes qui mettent la pression, des histoires d’amitié et d’amour. Léopoldine a rompu avec Timothée pour Aurélien. On l’apprend par sa meilleure amie, sans identité, qui est aussi la narratrice. Timothée se venge en envoyant à tout le lycée une vidéo compromettante de Léo. Injures, diffamation, atteinte à la vie privée, jalousies, trahisons, humiliation, jeux de regards, alliances, jugement, critique, et droit à l’image. Ici, comme le souligne le titre, tout est question d’image : image de soi, image des autres, illusion d’optique, image virtuelle et reflet de la société.

La couverture annonce la doublure : Léopoldine a une jumelle, Iseult. Celle qui sourit et regarde son avenir droit devant et celle qui lève les yeux au ciel. La journée cauchemardesque est doublement vécue : Léo doit surmonter l’épreuve, et par répercussion Iseult aussi. Oui mais voilà, Iseult n’a pas la force de sa soeur : plus Léo relève la tête, plus Iseult perd la sienne. Jusqu’où ?

Entre un Huis-Clos élitiste, le lycée Henri IV, où les acteurs en représentation quasi-permanente définissent à la perfection la formule de Sartre  » l’enfer, c’est les autres  » et les jeux d’humiliation et de perversité en format épistolaire 2.0 version réseaux sociaux dignes des Liaisons Dangereuses de Laclos, Clémentine Beauvais nous offre un roman terriblement efficace, à la langue incisive, aux personnages travaillés, à l’issue fatale. Un roman hypnotique et moderne qui décrit avec justesse et intelligence certains travers de la société, les affres de l’adolescence, l’ingérence humaine : le cri primal de l’injustice, le premier non.

Enorme premier ***coup de coeur*** roman 2014 et carton plein chez mes compères Nathan, Céline, Sophie et Céline.

Une des particularités de cette collection X’prim étant la bande-son accompagnant le roman, durant toute ma lecture, je n’ai eu de cesse de fredonner celle-ci.

 

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