A l’envers

Remonter le cours des événements, repartir en arrière pour mieux saisir le présent, comprendre son histoire. La relation au temps est propre à chacun. Aujourd’hui je vous présente deux romans, deux fils conducteurs à l’envers pour mieux reconquérir l’endroit.

Sept jours à l’envers de Thomas Gornet, collection Doado, éditions Rouergue, 2013.

Dimanche, une promenade dans les bois en famille, aucun but, seulement s’aérer. Un collégien anonyme, ses parents et un vide, un manque. On comprend entre les lignes : un deuil qui commence. On remonte les sept derniers jours de cette famille par le prisme de cet ado. Que s’est-il passé le dimanche précédent ? Chaque chapitre remonte une journée, et nous livre des précisions, des dialogues, des anecdotes, de chouettes moments, portés par les réponses à une devinette posée par le défunt. Une première confrontation à la mort d’un proche transcendée par la pudeur des sentiments.

Thomas Gornet nous sert cette histoire de vie d’une façon juste et posée, mêlant la tendresse et l’humour, à l’image du lien entre ses deux personnages, l’absent et le narrateur. Remonter à la source du malheur soudain de cette famille est un parti pris original et qui tient très bien la route : on suit ce fil un peu suspendu sans jamais tomber dans le morbide. L’évocation des souvenirs, précis ou confus,  permet de rester vivant. Et la devinette sans réponse restera une énigme à tout jamais, comme la vie. Un roman sensible, original et humble. *** coup de coeur ***

Du bonheur à l’envers de Pascal Ruter, Didier jeunesse, 2013. La suite du Coeur en braille, enfin plus précisément l’avant.

Entre un père passionné de puzzle et une mère rêvant de flamands roses sur les murs, nous retrouvons Victor, cette fois-ci en classe de CM2. Entre tracas scolaires et ambiance pas joyeuse au sein du cocon familial, débarque le fantaisiste tonton Zak ! Le quotidien s’enchante et Victor grandit. Toujours emprunt d’une naïveté touchante et d’un coeur gros comme ça, Victor découvre le deuil à travers sa petite voisine, Julie, qui a perdu sa petite soeur. La liberté et la fraîcheur de Victor et de son oncle l’aideront à retrouver la bonne direction.

Toujours ce tourbillon de scènes délirantes et ces personnages hauts en couleurs ! De l’humour, de la tendresse, des rires, de l’émotion, un peu de philosophie qui remet les pendules à l’heure, le tout servi par la plume sensible et travaillée de l’auteur. A la lumière de cette histoire-là, on cerne davantage le personnage du Coeur en braille, ses faiblesses et ses forces. Les adultes se révèlent parfois fragiles, les enfants découvrent les rudesses de l’existence et grandissent, mais sans jamais tomber dans le pathos ni la mièvrerie. C’est toujours un bon moment de lecture : du rire aux larmes, de la fantaisie, des bons mots, des personnages attachants et ça fait un bien fou !

Pépita et sa fille se sont aussi régalées !

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2 réponses à A l’envers

  1. bouma dit :

    le Thomas Gornet m’attend sur ma table de chevet…
    hâte de m’y mettre après ton avis.

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