Desolation Road

Je découvre la collection Courants Noirs de chez Gulf Stream :  des romans policiers historiques en grand format, aux intrigues et personnages étoffés, une invitation au voyage à travers le temps et les continents. Je vous présente Desolation Road de Jérôme Noirez paru en août 2011. Et quel voyage !

Californie, 1930. Dans le quartier des femmes de la prison, June, 17 ans, attend le jour de son exécution. Comment en est-elle arrivée là ? C’est ce que le journaliste Gayle Hudson va chercher à savoir et comprendre en lui rendant visite afin de l’interviewer pour un journal.  June va alors se confier : son Amour passionnel pour David, l’envie de vivre, la soif de liberté, le vol, le kidnapping, les meurtres.

Sur fond de Grande Dépression et de prohibition, la rude enfance des jeunes amants donnent un point de départ pertinent à l’intrigue. L’espoir est permis mais inatteignable sans contourner les lois. Le duo aux allures de Bonnie et Clyde s’engouffre à grande vitesse dans une violence qu’ils ne contrôlent plus ou presque. En s’attachant à retranscrire les faits relatés par June, le journaliste considère la portée médiatique de cette affaire dans un contexte historico-économique pesant. La jeune fille ne cherche ni à convaincre ni à émouvoir : elle raconte simplement les faits. Elle se sait condamnée, elle souhaite rejoindre son amant déjà exécuté, loin de la Desolation Road…

C’est un très beau travail d’écriture que nous offre l’auteur. Un récit fort et vibrant, où l’amour fou et la violence se côtoient au volant d’une Ford, voiture emblématique de ces années. Un passage m’a fait penser à On the Road de Kerouac :  » Nous allions reprendre la route… Quelle route ? Cela n’avait aucune importance, et c’était merveilleux de pouvoir s’en moquer  » en référence à :  » Une fois de plus, nos valises cabossées s’empilaient sur le trottoir; on avait du chemin devant nous. Mais qu’importe : la route, c’est la vie.  »

Ici, la vie est désolation, comme l’indique le titre. Triste constat de finir si jeune, si seule, condamnée. Pour autant, c’est un vrai grand moment de lecture : ça bouge, ça vibre, ça rock’n’roll comme cette jeunesse désenchantée. Je finis en vous précisant que ce roman a reçu le Prix des collégiens de la ville de Vannes et le Prix du Roman Historique jeunesse de Blois. Retrouvez la collection Courants Noirs. Et l’avis de Bouma ici.  Il me tarde de découvrir d’autres romans de cette chouette collection !

 

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