De la vraie vie

La littérature jeunesse nous propose de multiples catégories de romans : aventure, fantastique, apprentissage, dystopie, policier, historique… et réaliste. C’est de cette dernière catégorie dont il est question aujourd’hui. Je vous propose 3 romans pour jeunes lecteurs : 3 histoires, 3 auteures, 3 moments de vie.

 

Des crêpes à l’eau de Sandrine Beau, illustré par Sandrine Kao, chez Grasset Jeunesse, collection lampe de poche, 2011, 6 euros.

Solène vit seule avec sa maman depuis la séparation d’avec son père. Leur système D est bien rôdé et empli de bonne humeur et de complicité. Jusqu’au jour où le Monsieur des HLM débarque : il menace d’expulsion et profite de son pouvoir institutionnel. C’est la panique ! Heureusement, Solène a une précieuse aide : son amie d’école Zoé et son super-papa Basile qui va tout arranger d’une main de maître.

Ce roman simple et bien mené aborde des thèmes difficiles : la précarité, la monoparentalité, l’abus de pouvoir, mais aussi l’importance de la parole, la solidarité, le respect des droits et des individus. L’écriture sensible de Sandrine Beau est humble, juste et optimiste aussi. Il y a toujours des solutions. En parler est souvent le début. Et la vie est belle comme une assiette…de crêpes !

Retrouvez les avis de  Sophie, de Pépita.

I comme Iris d’Anne Loyer, illustré par Leila Brient, éditions Alice, collection Deuzio, 2013, 12 euros.

Iris, jeune fille de parents divorcés, vit avec sa maman qui court, court après le temps depuis qu’elles ont refait leur vie ensemble. Elle visite son père et sa nouvelle famille un weekend sur deux. Mais Iris a un souci : l’écriture. Ah ça elle sait parler, très bien et beaucoup, mais quand il s’agit de coucher les mots sur le papier, tout se complique ! C’est alors qu’arrive Ludovic l’orthophoniste : la complicité, la confiance, l’envie s’installent très vite entre ces deux-là. Enfin jusqu’au jour où sa maman invite Ludo à déjeuner. Entre quiproquo, incompréhension, colère, et jalousie, Iris va tenter de mettre des mots sur ses maux.

I comme Intelligence d’Anne Loyer pour décrire des sentiments forts, instinctifs, naturels. I comme Importance de ces orthophonistes qui accompagnent et aident ces enfants sur le chemin de l’écriture et de la lecture. I comme Imagination de cette petite fille pour maîtriser ses émotions et ses mots qui arrivent en rafale dans sa tête. I comme Imbrication des thèmes abordés. I comme Impact de la séparation sur les enfants. I comme Incommensurables Amour filial, confiance, écoute, moyens mis en oeuvre pour aider à grandir. I comme Il faut le lire !

 

Ma grand-mère m’a mordu d’Audren, collection Neuf de l’école des loisirs, 2013, 6,5 euros.

Oui c’est ce qu’affirme Marcus à qui veut bien l’entendre, ou plutôt l’écouter ! Parce que personne chez les adultes ne le croit ! M’enfin une grand-mère qui mord son petit-fils, et pour une émission de télé en plus ! Heureusement, Fleur la copine, elle, le croit et le soutient : pour cause, sa grand-mère à elle lui crache dessus ! Ensemble ils vont donc adhérer au VMV : association des victimes de mémés violentes ! Entre la maîtresse, le père, la mère, la psychologue et la mamie qui fait un déni de résistance, pas simple pour Marcus de se faire comprendre ! C’est vrai ça, doit-on tout pardonner aux vieux juste parce qu’ils sont vieux ? Et les enfants qui disent la vérité dans tout ça ?

Ce roman est absolument abominable de répartie, de joutes verbales réjouissantes, de bon sens ! C’est frais, c’est drôle, c’est juste, c’est jubilatoire ! La plume d’Audren vous vole des éclats de rire et des éclats de lucidité à la fois. Il est question de respect, de réciprocité, de logique sur fond de famille recomposée, de place au sein de cette famille, de la place qu’on donne à la parole de l’enfant aussi.

Retrouvez les fous rires de Dorot et Pépita.

Voilà 3 romans à découvrir, 3 récits réalistes, 3 plumes différentes qui abordent à travers des personnages d’enfants en devenir les difficultés de la vie. Trois preuves, s’il en fallait encore, qu’on peut aborder tous les thèmes en littérature jeunesse, même les plus difficiles et les moins politiquement corrects : quand c’est fait avec humilité, honnêteté intellectuelle et talent, on sort toujours grandi de ces lectures.

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3 réponses à De la vraie vie

  1. Ping : Lecture commune « Des crêpes à l’eau » |

  2. pépita dit :

    J’ai lu I comme Iris, j’ai aimé mais sans plus.

  3. bouma dit :

    I comme Iris me tente beaucoup…

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