2 petits romans à lire à pleines dents !

A pleines dents, c’est le nom de la collection de la maison d’édition Les Petits Pas de Ioannis. Je vous parle aujourd’hui de 2 petits romans qui s’adressent aux jeunes lecteurs de 7 à 10 ans.

Un accordéon sinon rien ! d’Ingrid Chabbert et illustré par Manola Caprini, septembre 2012, 5, 99 euros.

C’est l’histoire de Félicien et de sa passion pour l’accordéon. Il a 10 ans et est devenu le centre des railleries de l’école jusqu’à en perdre son meilleur copain Léo. Pourquoi ? Parce qu’il assume pleinement sa passion pour l’accordéon ! Il en joue, très bien même, il aime ça, ça le rend heureux…mais à quel prix ! Les enfants de cet âge ont cette capacité à se moquer, collectivement, de ce qu’ils ne connaissent pas, de ce qu’ils ne comprennent pas. Félicien sera-t-il prêt à renoncer à sa passion pour retrouver son copain de toujours et être enfin tranquille à l’école ?

Il s’agit d’un roman court d’une vingtaine de pages, aux illustrations très colorées où les expressions des personnages sont bien rendues. En 7 chapitres, le lecteur suit les réactions et réflexions de ce petit héros passionné qui se questionne, se remet en question et essaye de comprendre ce qu’il lui arrive. Comment et pourquoi cet instrument qui lui procure autant de plaisir et de joie est-il aussi l’objet de tant de tristesse et d’incompréhension ? Je pense que la réponse est dans la dédicace de l’auteure  » A mes parents, qui ont toujours su ce que je voulais vraiment « . Les parents de Félicien le soutiennent inconditionnellement, envers et contre tous ! Et c’est précisément là que le petit garçon puise la force d’assouvir et d’assumer sa passion. Ce roman, simple et juste, écrit à la première personne, donne des clés pour comprendre l’importance des passions qui ne s’expliquent pas toujours, parle de respect et de tolérance, et de l’importance de faire des choix et de les assumer. A la fin, il y a un quizz de 8 questions pour le jeune lecteur. Enfin, l’accordéon est un prétexte, le sujet du livre peut être toute autre activité de plaisir et sujet aux moqueries parce que différente. Je le recommande à tous/toutes les petits loulous/louloutes animé(e)s par une passion et qui parfois doutent de leur choix…

Le devoir bizarroïde d’Anne Loyer et illustré par Emilie Michaud, septembre 2012, 5, 99 euros.

C’est l’histoire de Julien, petit garçon qui a la tête dans la lune. La concentration et l’attention ne sont pas ses copines, surtout en classe, et la séparation de ses parents n’arrange rien ! Sa planète, c’est sa tête : son refuge, son repère, sa stabilité. Et dans sa tête, il s’en passe des choses ! Malheureusement, la maîtresse n’en a que faire et pour contrer cette planète accaparante, elle lui donne un devoir rien que pour lui : ne penser à rien. Julien relèvera-t-il le défi ?

Il s’agit aussi d’un court roman, simple et juste, aux illustrations colorées qui reflètent bien le fourmillement dans la tête du héros. L’impression que m’a laissée ma lecture est celle d’un petit garçon créatif et imaginatif, voire un peu précoce, qui apprend à canaliser ses pensées par le biais de l’école. Là encore, il s’agit d’un enfant un peu différent sur qui l’attention est portée. Les parents jouent un rôle de soutien rassurant. La maîtresse représente l’ordre établi : chez elle rien ne dépasse, de l’ordre et de la méthode, si chers à l’institution ! Comment faire pour ne penser à rien quand on ne nous a pas appris à le faire ? Et surtout, est-ce vraiment une fin en soi d’y arriver…? Dans quelle mesure l’école permet-elle la créativité et l’imaginaire quand elle souhaite vivement faire entrer tous ses élèves dans le même moule ? Quoiqu’on en pense, une fois de plus, la dédicace de l’auteure  » A Aurélien, mon adorable tête en l’air  » me laisse penser que ce n’est pas grave, encore moins anormal, d’avoir plein d’idées dans la tête… Apprendre à les canaliser à certains moments, pourquoi pas ? Mais en aucun cas les contrôler ni les nier.

Voilà donc 2 petits romans qui par leur simplicité apparente traitent de choses essentielles : l’éducation au respect et à la tolérance, la revendication d’être soi, l’implication des choix, et finalement une certaine forme d’éducation au libre-arbitre, valeur fondamentale à mes yeux.

Je vous invite à découvrir cette maison d’édition ici : http://www.lespetitspasdeioannis.com/

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