Un jour, un phénomène : la bit-lit

Sorcières, loups-garous, nécromanciens et vampires ont toujours été présents parmi nous. Effrayants ou envoûtants, ils tremblent désormais devant les arbalètes et les pieux d’humaines vulnérables qui les pourchassent sans pitié… Sans pitié ? Pas si sûr, car bien souvent, l’amour se noue entre créatures surnaturelles et faibles mortels. En quelques années à peine, la bit-lit a dépoussiéré l’image des vampires, plus d’un siècle après Dracula de Bram Stocker ( 1897 ). Les femmes occupent aujourd’hui le devant de la scène tandis que les monstres frissonnent de peur et de désir pour elles…

La bit-lit ( littéralement, « littérature mordante ») est un sous-genre littéraire de la fantasy urbaine ( genre où des créatures féeriques ou mythologiques vivent dans un centre urbain, où magie et technologie se côtoient ). C’est un anglicisme composé de bit pour to bite (« mordre » en français), et lit pour literature (« littérature » en français), sur le modèle de l’expression chick lit qui désigne la littérature pour filles (« chick » étant un terme familier pour désigner les filles). Cette dénomination lexicale est une invention française des Editions Bragelonne et a été popularisée par la collection Milady.

Il s’agit de romans mettant en scène des héroïnes confrontées à des créatures surnaturelles, ou qui sont elles-mêmes vampires, métamorphes, fées… avec en plus des préoccupations qui relèvent de la vie quotidienne. Le tout pimenté d’aventures amoureuses parfois sulfureuses. Et, souvent, d’humour. Et c’est d’ailleurs la thématique de la série Buffy contre les vampires : une héroïne forte qui combat les vampires et autres démons, mais dont les préoccupations principales sont le bal de promo, les mecs, la fac, grandir, devenir adulte, etc…                                                                    

Cependant, la bit-lit est souvent confondue avec la romance paranormale et parfois définie comme une littérature pour adolescentes. Ces confusions sont issues du succès de Twilight de Stephenie Meyer auprès d’un public souvent jeune et féminin. Car cette saga de romance vampirique a contribué à l’émergence de la bit-lit. La romance est souvent présente dans la bit-lit mais n’est pas obligatoire. L’érotisme y est également présent parfois. C’est un genre assez vaste qui s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes.

Rappel en chiffres :

- 2008 : L’année Millénium, trilogie de Stieg Larsson
La trilogie avait réalisé 1.4 millions de ventes cette année-là, et depuis, le cadre rouge sur fond noir de la collection polar d’Actes Sud est reconnu de tous. Tous ont été adaptés au cinéma.

- 2009 : L’année Twilight, tétralogie de Stephenie Meyer
Avec 2.9 millions d’exemplaires vendus pour cette série jeunesse. Elle fit découvrir à un large public la romance vampirique. Mais c’était aussi les prémices d’un nouveau genre…

- 2010 : L’année fut marquée par l’émergence du genre
1, 4 millions de livres vendus dans la collection Milady, 4 à 5 nouveautés parues chaque mois. Cette année, en mars 2012, au Salon du Livre, une exposition était consacrée à la bit-lit.

 » Il est des mystères que l’on peut à peine imaginer, et que l’on ne résoudra qu’en partie  » Bram Stoker, Dracula, 1897

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Une réponse à Un jour, un phénomène : la bit-lit

  1. Greg dit :

    Salut,

    Je suis la preuve vivante que les gars aiment aussi ce genre, puisque j’ai écrit un roman de bit-lit! :) Si jamais tu es curieuse de le lire, tu peux le trouver ici:
    http://www.amazon.fr/Vampires-de-lArizona-ebook/dp/B00BBVD5LI/ref=sr_1_9?ie=UTF8&qid=1360420617&sr=8-9
    J’adorerais savoir ce que tu en penses! :)

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