Retour au pays natal…

De retour de Martinique, il m’est impossible de ne pas vous proposer une sélection de livres pour vos  » timanmay  » !

 

Ce roman de Gisèle Pineau est une invitation à suivre l’auteur dans le pays de ses ancêtres, la Guadeloupe. Son récit traversé d’images évocatrices donne à voir les plantes géantes des forêts se balançant dans l’alizé et à sentir les arbres fruitiers aux noms merveilleux, portés par cette terre de l’archipel Caraïbe. Dans cet écrin de verdure vit la jeune Cynthia,12 ans, entourée de ses parents, du Père Francis et de ses amis d’école. Entre eux, l’île de Montserrat avec sa Soufrière, volcan capricieux et menaçant, qui va leur apporter rêve, amitié, peur et espérance. Immergés dans cet univers îlien où il est si facile de tomber dans le piège du repli sur soi, les personnages vont apprendre à s’ouvrir aux autres et à faire l’apprentissage de la vie ( édition Dapper, 2004, à partir de 11 ans ).

 

Après Mama D’lo, Alex Godard revient en Guadeloupe avec ce nouvel album. Maé est une petite fille qui vit en Guadeloupe avec son père et une nouvelle maman. Se sentant rejeté, elle se réfugie souvent dans la nature et y rencontre un lamantin, gros mammifère marin qui lui parle. Entre l’enfant et l’animal, c’est le début d’une extraordinaire amitié, malgré les ambitions de la marâtre ( édition Albin Michel, 2000, à partir de 5 ans ).

 

Les contes populaires des Antilles reflètent un lourd passé, entre oppression et esclavagisme. L’une des figures récurrentes, compère Lapin, représente l’esclave affranchi qui par son espièglerie arrive toujours à se sauver d’un mauvais pas (on pourra lire avec attention, Compère Lapin et le bonhomme glu). Olivier Larizza a recueilli ces histoires et les propose au jeune public. On devine des personnages traditionnels européens ou des contes bien connus, réécrits et réinterprétés. Un savoureux recueil à découvrir ( édition Père Castor Flammarion, 2004, à partir de 10 ans ).

 

Intelligent et débrouillard, Ti-Jean est un personnage traditionnel des contes créoles. A la formule « yé krik » du griot, le public répond « yé krak » : l’histoire peut alors commencer. Dans le récit de l’ethnologue Ina Césaire, on voit le héros aller de ville en ville, parcourir le vaste monde en chantant et jouant de la flûte. Il traverse des villages sinistres qui connaissent la famine et le malheur. Le dernier qu’il atteint est aux mains d’un tyran qui écrase le peuple sous les impôts et le tient en esclavage. Ti-Jean accomplit des miracles partout où il passe, redonne de la vie et de la joie aux lieux qu’il fréquente. Grâce à sa bonté, sa générosité et son courage, Ti-Jean recevra les honneurs de la foule et trouvera, avec sa mère, une place dans le monde qui l’entoure ( édition Dapper, 2005, à partir de 5 ans ).

 

Avant, les grenouilles jacassaient toute la journée. Elles complotaient, se moquaient et jouaient les commères à longueur de temps. Elle riaient du colibri qui semble voler en marche arrière, du lézard qui perd sa queue, du serpent qui n’a pas de patte … Elles s’amusaient de tous et faisaient semblant de ne rien dire lorsqu’un voisin approchait. Mais un jour, le Soleil en a eu assez de leurs commérages.
A chaque page, un nouvel animal des Antilles est présenté. La structure, répétitive, joue sur la surprise et l’attente de la moquerie : que vont bien pouvoir trouver les Grenouilles contre ce nouvel animal ? Même si les illustrations manquent un peu de subtilité, l’album se lit avec plaisir et le lexique en fin d’ouvrage permet d’en savoir plus sur les animaux rencontrés ( Danièle Fossette, Olivier Copin, édition Ibis Rouge, 2010, à partir de 4 ans ).

 

Album « patrimoine » rendant hommage à la culture créole, Kalita est une fiction qui parle de sorcières, d’amulettes et d’un devin interrogeant les cauris (petits coquillages blancs) avant d’agir et de conseiller les villageois. Un jour en se promenant dans la forêt, Hatiam se perd et croise une sorcière ainsi qu’une jeune fille très belle. Celle-ci a des yeux brillants comme des étoiles, son regard en est presque insoutenable. Son beau visage hante alors les nuits de Hatiam qui n’a plus qu’une idée en tête : l’épouser. Muni d’une précieuse amulette, le garçon se rend dans la forêt pour retrouver le lieu mystérieux de la rencontre magique et persuader la vieille femme de lui donner la main de la belle ( Christiane Falgayrettes-Leveau, Philippe Davaine, édition Dapper, 2005, à partir de 6 ans ).

 

Didier jeunesse poursuit sa collection de comptines et de chansons venues d’ailleurs. Après A l’ombre de l’olivier et Comptines et berceuses du Baobab, voici réunies sur un livre et un CD 30 comptines, berceuses, danses et chansons créoles, collectées par Chantal Grosléziat et traduites en français par Hector Poullet et Janick Tamachia. De Haïti, de Guadeloupe, de La Martinique et de la Réunion, un album joyeux et original, sur une musique inventive, entre accordéon, flûte et percussions traditionnelles. Encore une belle initiative. Un beau cadeau de fin d’année ( édition Didier Jeunesse, 2004, à partir de 2 ans ).

 » La connaissance poétique est celle où l’homme éclabousse l’objet de toutes ses richesses mobilisées  » Aimé Césaire, La Poésie, 1994

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