Les histoires qui font peur

Votre enfant a-t-il peur des histoires qui font peur ? Pas si sûr ! Une histoire qui aborde des sujets inquiétants ne crée pas forcément une angoisse, mais peut aider à jouer avec les peurs et à les surmonter.

Il « joue » avec ses peurs                              

Les premières craintes de l’abandon puis, plus tard, l’angoisse de la mort ou de la perte de l’amour des parents… Rien ne peut éviter à votre enfant d’être confronté intérieurement à des peurs. Ne cherchez pas à le protéger en évitant qu’il tombe sur des livres qui évoquent ces angoisses ou en transformant les passages de certaines histoires. Une histoire ne « crée » pas l’angoisse, au contraire elle permet à votre enfant de « jouer avec sa peur » et donc de la surmonter. À n’entendre que des histoires tendres et sages, il pourrait se croire seul à éprouver des sentiments négatifs et contradictoires.

Peut-être êtes-vous également gêné par son attirance pour des histoires et des images mettant en scène « méchanceté », « avidité », « cruauté » ou même « saleté » ? Ce que vous percevez de ces livres ne correspond pas forcément aux pensées propres de votre enfant qui saisit au contraire toute la cocasserie des scènes ou la faiblesse des protagonistes.

Non aux monstres et sorcières de pacotille !

Monstres, sorcières et personnages de cauchemar envahissent les albums pour enfants. Eux aussi permettent d’évacuer les peurs et les inquiétudes parce que votre enfant les « comprend » sans s’identifier à eux. Il apprécie que l’on fasse appel à ses facultés d’observation et de discernement : quel plaisir de démasquer une sorcière qui se cache derrière une belle apparence, un sourire engageant, un ton mielleux ! Cela lui donne confiance pour se prémunir contre les méchants. Il y croit (il l’éprouve) et les mots expriment pleinement les sentiments forts. Ces mots permettent de les nommer, de les mettre à distance. La peur, ils peuvent désormais la regarder, jouer avec elle, en jouer pour faire peur aux autres, en rire.

Contes, histoires et télévision…

  • Choisissez de « vrais » contes sans les affadir, sans les amputer des émotions fortes qu’ils procurent. Leur justesse psychologique tient souvent à leur cruauté.
  • Pour un enfant, le plus terrible dans un livre n’est pas toujours ce que l’on croit. Alors que vous êtes persuadé que telle image de monstre va l’effrayer, votre enfant pourra être bien plus perturbé par une image qui lui rappelle une situation réelle difficile.
  • La fin d’une histoire doit être à la hauteur des attentes de votre enfant : ainsi les méchants seront en général durement punis, les courageux seront récompensés, les gentils seront heureux…
  • La télévision déverse en moyenne cinq actes de violence à l’heure, et d’une violence en général réaliste et « gratuite ». Ces actes n’ont pas la portée morale ni humaine des contes de fées et autres histoires pour faire peur.

 

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